Fiche d'identification
Historique
Au début du XXᵉ siècle, sous l’administration allemande, le marché de Ngaoundéré devient un outil central du système colonial. Sa construction ne répond pas uniquement à un besoin commercial local, mais surtout à une logique de contrôle économique et fiscal.
À partir de 1907, les autorités coloniales renforcent la surveillance des routes commerciales. Les caravanes transportant le bétail, la noix de kola et d’autres marchandises doivent désormais passer par des points précis où taxes et impôts sont prélevés. Le marché devient ainsi un espace stratégique d’imposition coloniale : un lieu où le commerce est observé, enregistré et taxé.
Ce dispositif permet à l’administration allemande d’intégrer Ngaoundéré dans les circuits économiques coloniaux, transformant un espace d’échanges traditionnel en un instrument de régulation et de domination économique.
Aujourd’hui appelé « Grand marché de Ngaoundéré », ce lieu conserve les traces de cette histoire, témoignant du passage d’un commerce caravanier autonome à un commerce structuré par les exigences fiscales coloniales.